Introduction sur la migration: qu’est-ce que la Migration?
La migration est le déplacement d'une personne ou d'un groupe de personnes d’une région ou d’un pays à une/un autre. Il y a deux principaux types de migration: la migration interne, qui concerne le mouvement de personnes entre deux régions d'un même pays; et la migration externe, ou migration internationale, qui désigne le mouvement de personnes qui traversent une/des frontière(s) internationale(s) pour s'établir de manière permanente ou temporaire dans un autre pays.
Le choix de migrer peut être volontaire, comme par exemple lorsque la personne cherche de nouvelles et de meilleures opportunités. Elle peut aussi être forcée en vue d’échapper à des situations dangereuses ou négatives. La migration est un phénomène inhérent à la condition humaine et la physionomie des déplacements de population reflète un monde en perpétuel changement.
Qui migre et vers où? Les chiffres et les flux
D’après les Nations Unies, 191 millions de personnes vivaient en dehors de leur pays de naissance en 2005, soit 3% de la population mondiale. Ils se sont déplacés comme indiqués ci-dessous:
- 62 millions de personnes de pays pauvres vers des pays riches
- 61 millions de personnes de pays pauvres vers des pays pauvres
- 53 millions de personnes de pays riches vers des pays riches
- 14 millions de personnes de pays riches vers des pays pauvres
Combien de migrants vivent dans les pays d’accueil en 2005?
Combien de migrants vivent dans les pays d’accueil en 2005?
- 64 millions vivent en Europe, ce qui représente 8,8% de la population européenne
- 53 millions vivent en Asie, représentant 1,4% de la population asiatique
- 45 millions vivent aux Etats-Unis, représentant 13,5% de la population étasunienne.
Pourquoi les gens migrent-ils?
Les gens ont différentes raisons pour migrer, telles que:
- des raisons économiques (trouver du travail, échapper à une famine, etc.)
- des raisons sociales (pour avoir une meilleure qualité de vie ou pour être plus proche de la famille ou d’amis)
- des raisons politiques (pour échapper à des persécutions culturelles/politiques/religieuses ou à la guerre)
- des raisons environnementales (catastrophes naturelles telles qu’inondation ou sécheresse)
La dynamique migratoire reflète l’interaction entre des facteurs répulsifs (ceux qui poussent les gens à quitter leurs maisons) et des facteurs attractifs (ceux qui attirent les gens dans une région particulière).
FACTEURS REPULSIFS
Manque de travail ou de services, faible niveau de sécurité, forte criminalité, famine, inondation, sécheresse, pauvreté, guerre, persécutions politiques ou religieuses.
FACTEURS ATTRACTIFS
Plus de travail ou de services, meilleure qualité de vie, bonnes réserves de nourriture, meilleur climat et terre fertile, moins de risque de catastrophes naturelles, richesse, sécurité politique.
Comment les gens migrent-ils?
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Proximité et histoire coloniale. Certains migrants vont vers le pays le plus proche et si la distance est courte, ils peuvent faire régulièrement la navette. Pour les plus grandes distances, les migrants suivent souvent les routes coloniales vers les anciens pouvoirs coloniaux, attirés par la langue et une bonne connaissance de la culture.
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Réseaux et familles. Le choix de la destination est souvent influencé par l’existence d’un réseau de contacts. Ce réseau est souvent constitué par des membres de la famille depuis que de nombreux pays d’accueil privilégient le rapprochement familial des actuels résidants.
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Agences de recrutement. Les agences de travail (ou agences de recrutement) assurent l’intermédiaire entre la demande d’emplois dans les pays d’origines et les offres des pays de destination. Les tarifs pour la recherche d’un travail sont sensés être réglementés, mais ils sont souvent trop chers pour les migrants. Il en coûte habituellement trois à vingt mois de salaire à un migrant pour entrer dans un pays et trouver un travail. De plus, l’emploi s’avère souvent être bien différent de celui promis (ex: fonction inférieure, revenus plus bas, plus d’heures de travail, conditions dangereuses, etc.).
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Passeurs et trafiquants. Les passeurs sont des sortes d’agents de voyages qui agissent de manière illégale (ex : ils offrent de faux passeports ou corrompent les employés de l’administration en charge de l’immigration). La différence entre une personne victime d’un passeur et celle victime d’un trafiquant est que dans le premier cas, la personne a décidé de partir alors que dans le deuxième cas, elle y est forcée ou elle est abusée (ex : quand de jeunes femmes ou de jeunes filles se voient offrir un travail sérieux à l’étranger et qu’elles se retrouvent forcées à se prostituer).
Réalité de la migration et de l’économie
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La présence de migrants dans les pays d’accueil assainit plusieurs pans de l’économie. Cette présence sert aussi de remède à la crise des retraites et au vieillissement global de la population.
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Les migrants dépensent 87% de leur salaire dans les pays hôtes, en taxes ou en dépenses quotidiennes. Par exemple, la demande importante de logement générée par les immigrants a été décisive pour alimenter l’industrie de la construction en Espagne.
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Les migrants envoient environ 13% de leurs salaires dans leur pays d'origine sous forme de "versements". En 2007, les flux de versements vers les pays en développement s’élevaient à 251 milliards de dollars, en hausse de 11% par rapport à l'année 2006. Les versements officieux ajoutent encore 50% au total des versements officiels. En 2006, le montant total des versements représentait deux fois plus que l’aide reçue par les pays en développement (107%).
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Les migrants ont contribué à la croissance de l'emploi dans de nombreux pays. Cependant, l'emploi contractuel temporaire peu qualifié reste le modèle prédominant de la migration internationale économique. Cela signifie que les migrants comblent souvent le manque de main d'œuvre dans les emplois 3D ("difficile, dangereux et sale") et/ou dans les emplois les moins payés.
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En période de stagnation économique, les migrants sont souvent les premiers à subir les licenciements, étant donné qu’ils travaillent souvent dans les emplois les moins stables (emplois à durée déterminée, les emplois en intérim ou les emplois à mi-temps). Lors du Forum Mondial sur la Migration et le Développement, le Secrétaire Général des Nations Unies, Mr Ban Ki-Moon, a appelé les pays touchés par la crise financière à maintenir leurs portes ouvertes aux travailleurs étrangers. Selon lui, la "mobilité humaine" pourrait permettre de faire face aux "énormes déséquilibres" qui ont conduit aux sévères inégalités actuelles, lesquelles sont "une des plus dangereuses réalités à affronter aujourd'hui".
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La migration des personnes qualifiées (tels que les médecins ou les ingénieurs) contribue, en principe, à doter le pays receveur de compétences, tandis qu’il peut entraîner une perte de stock en capital humain pour les pays d’origine, qui ont fortement investi dans l’éducation de leurs ressortissants les plus précieux. Ces deux phénomènes sont appelés respectivement "gain des cerveaux" et "fuite des cerveaux".
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Pour la plupart des pays, l’émigration de personnes qualifiées se situe dans cette tranche. Dans les petits pays tels que la Guyane, le Surinam ou la Jamaïque, entre autres, la "perte" de travailleurs qualifiés dépasse 80%. La situation est toute aussi alarmante en Afrique sub-saharienne ou en Amérique centrale, où des pays comme le Mozambique, l’Ouganda ou le Ghana ont perdu quasiment la moitié de leur base de travailleurs qualifiés.
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Toutefois, une "fuite des cerveaux" modérée, comprise entre 5 et 10% de la population qualifiée, peut avoir plus d’effets positifs que négatifs pour le pays d’origine. Les coûts de l’émigration peuvent en effet être partiellement compensés par certains développements, tels qu’une majeure participation à l’éducation tertiaire, une augmentation des "versements" vers les pays d’origine, ou l’éventuel "gain de cerveaux" à travers le retour des émigrants, la création d’entreprise et l’échange de savoirs entre ces derniers et leurs pays d’origine (qui conduisent à des transferts de compétences, des investissements, etc.).
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Au lieu de parler de "fuite des cerveaux" (brain drain) et de "gain de cerveaux" (brain gain), la Commission Mondiale pour les Migrations Internationales (GCIM) encourage la notion de "circulation des cerveaux". Celle-ci suppose que les migrants rentrent dans leur pays d’origine et partagent les compétences et les acquis qu’ils ont développé à l’étranger.
Mots clef
Migrants réguliers ou disposant d’un permis de séjour: sont les gens "autorisés à entrer, séjourner et exercer une activité rémunérée dans l'État d’emploi" (article 5 de la Convention des Nations Unies sur les travailleurs migrants).
Migrants Irréguliers ou sans papiers: sont les gens qui entrent et vivent dans le pays d'emploi, sans autorisation. Il s'agit de la description juridiquement correcte pour les migrants dans de telles situations.
Migrants illégaux ou clandestins: expression souvent utilisée pour décrire les migrants irréguliers ou en situation irrégulière. Il existe désormais un consensus général qui reconnaît que l'expression "illégal" pour décrire un être humain est inhumaine et n'a aucun fondement juridique.
Plus d'informations sur la migration disponibles >> accédez au répertoire de Décembre 18 sur les organisations de migrants du monde entier




